Imre Jakabffy (szerk.): Ars Decorativa 5. (Budapest, 1977)

BATÁRI, Ferenc: Art Nouveau 1900. Présentation des objets d'art acquis a l'occasion de l'Exposition Universelle de Paris

ment répandu dont on désigne cette épo­que. Pour la table Colonna (No 28), l'effet artistique qu'elle produit repose sur un rationalisme plein de bon sens ; sa structure est claire et légère, le décor, modéré et témoignant d'un sens raffiné des formes, est d'un grand retenu et il met en valeur le beauté naturelle du bois du poirier. La chaise de De Feure (No 32) est d'une légèreté et d'une élégance extraordinaires, la broderie qui décore le dossier s'insère harmonieusement dans les formes d'un tracé délicat. Malgré son caractère ex­trêmement gracieux, cette chaise est un vrai meuble et ne fait pas l'effet d'être uniquement un objet décoratif. La chaise de Gaillard (No 38) fait partie du mobilier de salle à manger qui fut décoré à l'ex­position de médaille d'or. Dans cette chaise ce sont les éléments structuraux qui sont mis en relief, la tenture en cuir repoussé est richement décorée selon le nouveau goût. La lampe en métal et verre de la firme Plumet et Seimersheim (No 66) fonctionne encore à pétrole. La nouvelle conquête de l'époque, l'électricité, éclairait les nuits d'une lumière jamais encore vue. Le lustre de Gagneau, une combinaison de bronze doré et de verre, suit encore dans sa construction les formes des anciens lustres à bougies, mais, tout comme dans la lampe murale de la firme Mottheau et Fils (No 63), la douille des ampoules n'est plus placé rigidement, elle peut être courbée selon la nécessité. La lampe de table, élec­trique, oeuvre du sculpteure parisien R. Larche, et qui représente la célèbre dan­seuse parisienne Lola Fuller, ne suit plus les anciennes traditions, se plie aux nou­veaux besoins et utilise les nouvelles pos­sibilités, aussi répand-elle la lumière vers le bas. Les tendances de l'époque trouvent une expression pure dans les oeuvres de Lalique, d'une beauté remarquable, un col­lier (No 52) et un peigne devant décorer la coiffure (No 53). Elles s'imposent grâce à la stylisation moderne d'éléments natu­ralistes, et à la mise en valeur maximale de la beauté inhérente aux matières no­bles, voire à celles qui jouissaient dans le passé de peu d'estime. A cette époque, l'étain est redécouvert. Sur les travaux avec ce métal de Brateau et de Desbois, les éléments décoratifs sont réunis dans une composition plutôt dé­gagée, tandis que Magnan, sur son encrier, préfère une structure stricte, nettement symétrique, pour placer les éléments orne­mentaux, des motifs végétaux stylisés (No 5). En ce qui concerne les objets d'usages quotidien, la série de couverts (No 24) achetée à la firme parisienne Christoffle et Cie offre un exemple bien réussi com­ment l'ancienne forme et l'ancienne fonc­tion peuvent être renouvelées dans le nou­veau style. Une aspiration qui caractérise cette époque est d'insister dans l'oeuvre sur la finition de plus en plus poussée, aussi, dans ce programme, chacun des détails joue un rôle important et les éléments secondaires, complémentaires, ne peuvent pas non plus être négligés. C'est sous l'égide de ce programme que De Feure exposa les ferrures argentées pour meubles et Lambert les plaques devant couvrir des portes et les écussons (No 56). Le Musée a acheté une série des élé­ments de construction, faits en céramique, de A. Bigot et Cie. Dans cet ensemble, la plus grande valeur est sans aucun doute représentée par les oeuvres de l'architecte Binet. du sculpteur Jouve, ainsi que par les détails, conservés dans notre collection, de la frise à animaux provenant de la Porte Monumentale (Nos 9—12). 179

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