Imre Jakabffy (szerk.): Ars Decorativa 1. (Budapest, 1973)

VADÁSZI, Erzsébet: Peignes du gothique tardif dans notre collection

Suivant M. Delaborde, nous voyons souvent des thèmes bibliques sur les peignes séculiers au Moyen-âge précoce, car l'influence des peignes liturgiques est encore très forte. C'est également Delaborde qui a remarqué le fait qu'on ne parle que rarement dans les in­ventaires séculiers (royaux) de peignes. Il cite en premier lieu l'inventaire de Clémence de Hongrie, petite fille de Marie de Hongrie et de Charles Martell (le Boiteux), soeur du roi hongrois Charles Robert de la maison Anjou, deuxième épouse du roi français Louis X, le Hutin, detant de 1328 et qui est le premier document écrit de l'existence au XIII eme siècle de peignes séculiers. Un miroir en ivoire appartenait encore aux peignes. Malheu­reusement nous n'en savons pas plus sur ces objets. Tandis que les peignes séculiers les plus anciens sont ornés de thèmes ecclésiastiques, sur les miroirs nous ne voyons que des scènes profanes. C'est une des raisons pour lesquelles on explique l'origine liturgique des peignes séculiers du Moyen-âge. Charles VI. roi de France, dans son inventaire de 1399 cite l'existence d'un peigne en argent à côté du peigne en ivoire, et ceci comme une partie du trousseau de toilette, à côté des ciseaux et du rasoir. Guillaume Brunei, orfèvre du roi, dans sa note présentée nous révèle que pour trois peignes en ivoire, une broche pour faire la raie dans les cheveux et pour un miroir, on lui a payé 4 livres et 6 soles. D'après d'autres notes qui nous sont restées, nous pouvons supposer qu'au XIV eme siècle, le roi de France avait l'habitude de faire cadeau de peignes aux gens de la cour. 1 ' Plus tard, vers la fin du Moyen-âge, se peigner, était presqu'uniquement le privilège des dames et l'auteur anonyme de La Complainte du nouveau marié écrit que les maris avaient pour devoir de faire cadeau à leurs épouses, de peigne. Au temps de guerre, les hommes n'avaient pas le temps de s'occuper de la toilette de leurs cheveux et c'est ainsi que nous pouvons comprendre l'image que nous pouvons faire d'après les contes et les romans du Moyen-âge: ,,le chevalier revient de guerre il est assis sur un petit tabouret, penche la tête sur les genoux de son épouse ou de sa fiancée qui cherchent les poux dans les cheveux, tandis que le chevalier s'endort" — écrit Edmond Haraucourt. 7 Le fait que sur les oeuvres de beaux-arts, le peigne ne figure qu'à peine, est peut-être compréhensible si nous considérons la morale de l'homme du Moyen-âge, les moeurs de cette époque, suivant lesquelles: ,,il est d'un grand manque d'usage que de se regarder dans un miroir et de se peigner devant une personne qui nous regarde et il est encore moins d'usage de se peigner devant une personne qui nous respectons". 8 Vu cette men­talité, nous pouvons comprendre facilement l'image caricaturistique du XIV ème siècle, d'un artiste inconnu qui peint la fiancée devant une glace en train de se peigner 9 et sur une autre caricature également de cette époque, des petits diables peignent les cheveux de la noble dame. 1 " Sur la tapisserie d'Angers, parmi les sept péchés capitaux, nous voyons sur l'image symbolique de la vanité, une dame qui tient dans la main gauche un miroir et dans la droite un peigne. 11 Nous pensons inévitablement à Claudien si nous regardons le dessin à la plume La planète Vénus, du Kupferstichkabinett de Dresde, dessin d'un ar­tiste inconnu, fait entre 1420—30, qui montre Vénus dans son bain, en compagnie des trois Grâces. Vénus tient dans la main gauche un miroir tandisqu'elle se peigne de la main droite. 12 Cependant ce n'est pas seulement sur des images négatives, du symbole de la vanité, sur des caricatures ou sur des pages sur Vénus que nous retrouvons des dames se peignant. Sur la fresque du XV ème siècle du cloître Buon Pastore de Viterbe, la dame est en train 62

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